Pourquoi la province Sud n’a pas autorisé la construction d’un incinérateur de déchets dangereux à la ZAC Panda ?

Le projet d’incinérateur de déchets dangereux ne verra pas le jour à l’endroit proposé par la société Promed à la ZAC Panda. En effet, la province Sud a refusé d’accorder l’autorisation demandée, notamment à cause de la trop grande proximité avec un établissement recevant du public (ERP) et des habitations.

Le dossier a été déposé fin 2016 à la direction de l’Environnement de la province Sud. Au titre des Installations classées pour la protection de l’environnent (ICPE), le projet de la société Promed, consistant à exploiter un centre de traitement et d’incinération de déchets dangereux, situé sur la ZAC Panda à Dumbéa-sur-mer, nécessitait l’autorisation de la province Sud. Et il ne l’a pas eu.

« Traiter les déchets dangereux, c’est d’intérêt général », assure Philippe Michel, président de la province Sud ce matin, 1er juin. Pour autant la province Sud veille, via sa direction de l’Environnement notamment, à ce que cela soit fait en accord avec sa réglementation et les prescriptions nationales. Et après plusieurs mois d’enquêtes, la décision a été prise concernant le projet d’incinérateur : « La province Sud va suivre l’avis du commissaire enquêteur et émettre un avis défavorable, souligne Philippe Michel. Cependant nous considérons que cet équipement est indispensable au pays, et nous allons accompagner Promed dans la recherche d’un nouveau site d’implantation de son activité, pour avoir une filière de traitement des déchets dangereux digne de ce nom ».

Dans les conclusions de son rapport, le commissaire enquêteur a en effet émis deux avis favorables concernant la justification de l’équipement projeté et le principe de l’incinération tel que présenté par Promed : « Les déchets prévus d’être traités incluent d’une part des déchets qui sont aujourd’hui exportés, avec un surcoût financier mais aussi en émissions de carbone, et d’autre part des déchets qui sont aujourd’hui traités avec les ordures ménagères ».

L’avis défavorable au projet concerne les conclusions de l’étude de dangers : le commissaire enquêteur relève que, en Métropole, la réglementation interdit d’implanter un incinérateur de déchets dangereux à moins de 200 mètres d’un établissement recevant du public (ERP), ou d’une habitation. Or, sur la parcelle contiguë à celle choisie par l’entreprise, la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) est classé ERP. « La réglementation locale n’a pas fixé de règle sur la distance à respecter entre un incinérateur de déchets dangereux et les activités voisines car ce projet est tout simplement le premier projet jamais présenté de ce type et de cet ampleur », explique Patrice Hervouet, de la direction de l’Environnent. Une lacune que la Province entend combler en se dotant d’une réglementation adaptée, via notamment la réactualisation de son Schéma de gestion des déchets.



500

C’est le nombre de tonnes de déchets  d’activités  de  soins  à  risques  infectieux (DASRI) et  de déchets  organiques qui sont traitées annuellement par la société ProMed, qui collecte et fait actuellement exporter les médicaments, les déchets de laboratoires et les déchets cytotoxiques.