Martine Lagneau, de l’entreprise à la politique

Elle est sur tous les fronts. A 54 ans, la première vice-présidente de la province Sud, qui s’investit autant dans l’économie que dans la culture et auprès des femmes, porte haut la stratégie tourisme et aborde sans ego son engagement politique.

« Aujourd’hui, tout le monde travaille ensemble. Il y a une vraie prise de conscience, nous sommes tous dans le même bateau. »

Le tourisme. Martine Lagneau porte un des chantiers majeurs du développement économique. L’or vert étant en berne, le secteur touristique, avec son immense potentiel sous-exploité, s’est imposé comme l’incontournable relais de croissance. Élue en mai 2014 à la province Sud, c’est elle qui promeut la Calédonie à l’international en prenant à bras-le-corps le dossier et en s’attelant à organiser les Ateliers du tourisme, qui font se rencontrer quinze mois durant tous les acteurs concernés et aboutissent à un plan d’envergure à l’échelle du pays. La stratégie commence à porter ses fruits : formation des offices de tourisme, meilleure intégration régionale, contrats de destinations renforcés et un groupe de travail croisière désormais structuré qui a lancé de nombreux chantiers.

Son mandat à la province, la Nouméenne – Bouraillaise par sa mère – le voit comme « une chance extraordinaire », alors qu’en plus du développement économique, de l’insertion, de la formation et de l’emploi, elle gère les secteurs de la culture – « Notre ADN, c’est la culture pour tous », revendique-t-elle – et de la condition féminine, dont elle déplore qu’il reste si indispensable à notre époque. Nature passionnée et pragmatique, elle confie :

« Quand on est extérieur aux institutions, on a tendance à râler sur ce qu’elles devraient faire. Alors j’essaie de mettre en pratique ce que j’ai toujours voulu que les institutions fassent. »

Car elle fut « une citoyenne impliquée dans la vie de la cité » bien avant d’accéder aux responsabilités politiques.

L’engagement de cette diplômée de commerce et marketing fut d’abord du côté des forces économiques. Après un premier poste chez Air Calédonie International, Martine Lagneau rejoint en 1991 l’entreprise familiale Artypo. Elle prendra la direction générale de l’imprimerie au décès de son père, en 1999, et jusqu’à sa vente en 2007. Déjà élue à la CCI, celle qui s’était donné un an pour souffler et s’occuper de son fils de 7 ans rejoint en 2008 la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie (FINC) puis la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). C’est le début d’« une activité de fédération patronale intense ». En 2010, elle est nommée au Conseil économique et social. Ces implications forte la conduisent à rejoindre Calédonie Ensemble. Elle intègre l’équipe de campagne municipale de Sonia Lagarde, avant de s’investir avec le même succès dans les élections provinciales.

L’énergique quinqua, qui avoue un rythme de travail peu compatible avec une hygiène de vie irréprochable, se réjouit de se libérer parfois un peu de temps pour faire du yoga. Elle envisage ses responsabilités comme l’occasion de « tracer un sillon qui perdurera au-delà de la personne qui occupe le poste ». Un engagement désintéressé pour « le bien commun ».

Ses dates clés :

1962 Naît à Nouméa
1991 Intègre l’imprimerie familiale Artypo, qu’elle revend en 2007
2010 Elue au CESE, après avoir rejoint la CCI, la FINC et la CGPME
2014 Elu à la province Sud