Les jeunes, acteurs de la protection d’un lieu naturel

Beaucoup de jeunes, mais aussi des acteurs de l’environnement étaient réunis hier autour de la province Sud pour inaugurer le dispositif des aires de gestion éducative (AGE). Testé depuis 2016, il permet aux élèves, du CM2 au lycée, de s’impliquer dans des projets éco-citoyens en préservant une zone maritime ou terrestre.

Connaître, vivre et transmettre la nature. C’est le cœur du dispositif des AGE (aires de gestion éducative), un projet d’éco-citoyenneté, entre institutions, écoles et référents scientifiques, qui se veut pédagogique, participatif et transversal. « Une AGE, c’est tout simplement une zone maritime, littorale ou terrestre avec des enjeux environnementaux particuliers dont la gestion est confiée à des élèves et à leurs enseignants, explique Nina Julié, élue provinciale membre de la commission de l’Environnement. Depuis deux ans, nous avons confié des zones avec une surface restreinte à des jeunes pour qu’ils puissent s’approprier les enjeux environnementaux, mais aussi sociaux et économiques liés. Ils deviennent ainsi les acteurs de la protection du lieu ».  Comme pour les autres aires protégées de la Province, c’est un comité de gestion, élu en début d’année et composé de professeurs, d’élèves et d’un référent scientifique partenaire, qui élabore un plan de gestion sur deux ans et le met en œuvre.

Déjà six AGE en province Sud

Piloté par la direction de l’Environnement de la province Sud en lien avec le vice-rectorat et les acteurs de l’environnement, le projet connaît un véritable succès. Il a déjà vu naître six aires depuis 2016. Les trois projets pilotes, aujourd’hui les plus avancés – la gestion du platier Ricaudy situé sur la côte Blanche pour le Collège Jean-Mariotti, de la mangrove de Boulari pour le Lycée Saint Pierre-Chanel et de la forêt sèche de Cap-Kaméré pour le collège du quartier – ont déjà produit des résultats significatifs. « Nous les avons suivis pendant deux ans et ils ont réalisé 67 % des 89 actions programmées, se réjouit Nina Julié, pour qui la poursuite du dispositif est une évidence. Nous sommes persuadés, à la province Sud, qu’en commençant dès le plus jeune âge nous leur permettons de développer un esprit civique et citoyen, que nous attendons tous ».

Une salle de cours en plein air

Et ce n’est pas Titouan et Yohan, en cinquième au collège Jean-Mariotti, qui diront le contraire. Le déclic est venu lors d’une sortie sur le platier. « Tout a commencé lors d’une action de sensibilisation auprès des élèves les plus jeunes quand on s’est aperçu que certains jouaient à balancer un tricot rayé dans tous les sens. On s’est dit que c’était pas normal comme comportement et qu’il fallait leur parler. Rapidement, on s’est pris au jeu. Nous étions très motivés parce que c’était concret », expliquent-ils. Nettoyage, mise en place de panneaux d’information, plantations, suivi des espèces, autant d’actions qui ont permis de définir plus précisément les objectifs éducatifs de protection de l’environnement et de décider de diffuser le concept à l’échelle de toute la Province.

Ainsi, cette année, trois nouvelles aires ont été créées : au Creek Salé de Poé, géré par le collège Sacré-Cœur de Bourail, à la Baie des Bœufs de Nouville pour le lycée Jules-Garnier et dans le maquis minier de Touété pour le Collège St Joseph de Vao, à l’île des Pins. « L’objectif est clairement que les jeunes deviennent acteurs et forces de proposition, qu’ils soient au centre du dispositif », a conclu Nina Julié, hier après-midi au cœur du quartier de Kaméré, pour l’inauguration du sentier bota-numérique – qui met en valeur des espèces notables du site de foret sèche via une application alimentée par les élèves – devant les partenaires, mais aussi des riverains très investis.