A Vao, les cloches tintent de nouveau

Mis en péril suite au passage de différents cyclones, le clocher de Vao, témoin de l’histoire religieuse de l’Ile des Pins, est désormais tiré d’affaire… les derniers travaux, entrepris dans le respect des matériaux d’origine et auxquels la Province a apporté son soutien à hauteur de 7 millions de francs, viennent d’être livrés.

Les anciens du comité paroissial affichent un large sourire. Pour la première fois depuis trois ans, les cloches de l’église de la commune de Vao sonneront pour Pâques.

« Le clocher, c’est ce qui restait de l’ancienne église qu’avaient bâtie nos pères avec les premiers missionnaires, explique Michel Neore, président du comité paroissial de l’Ile des Pins, qui avait sollicité le classement du clocher au titre des monuments historiques de la province Sud. A Vao nous avons l’une des premières églises catholiques sur le territoire, après celle de Balade. On a pu garder cela grâce au Patrimoine ; c’est quelque chose de fort ! »

Des travaux dans les règles de l’art

L’une des difficultés pour ce chantier entamé il y a deux ans consistait à protéger les fondations des infiltrations en eau, causées par la proximité avec la colline. Un drain a donc notamment été creusé au pied du clocher. Une fois les maçonneries au sec, les artisans ont pu travailler sur les nombreuses boiseries : menuiseries extérieures et structures intermédiaires telles que planchers, escaliers, support des cloches. Avant de remonter les planchers, il a fallu hisser les cloches d’une demi-tonne grâce à un système de palan, en utilisant du bois local fourni par les tribus.

Marie-Françoise Hmeun, présidente de la Commission des sites et monuments historiques, a effectué une visite du clocher, ainsi que du presbytère voisin ayant également bénéficié des travaux de restauration dans lesquels la Province s’implique techniquement et financièrement à hauteur de la moitié du budget des rénovations. L’occasion pour l’élue provinciale d’apprécier sur le terrain l’aboutissement des travaux de restauration. « A l’île des Pins, ce qui est très intéressant c’est l’appropriation par les populations de notre histoire commune, affirme Marie-Françoise Hmeun. Les Kunié sont très impliqués dans cette conservation du patrimoine. Amener des moyens c’est bien, mais il faut aussi que les acteurs de terrain soient là pour se les approprier, car c’est avec eux que l’on avance. »