Quand les élèves gèrent « leur » site environnemental

La province Sud associe depuis deux ans des élèves de primaires et de secondaires dans la gestion de sites environnementaux. Ce sont les enfants eux-mêmes qui entretiennent, observent et protègent « leur » site. L’initiative originale financée par l’Institution a été présentée par Nina Julié lors de la 11e réunion de l’IFRECOR (Initiative Française sur les Récifs Coralliens).

« Faire en sorte que les jeunes soient les acteurs de la gestion du patrimoine environnementale. » Nina Julié, élue à la province Sud et présidente de la commission environnement, se « réjouit » de présenter sous les yeux médusés des conférenciers de la 11e réunion de l’IFRECOR, cette belle initiative. « Depuis deux ans, nous menons un projet expérimental avec plusieurs établissements scolaires et associations. L’objectif ? Faire en sorte que les projets viennent de la jeunesse. »

Et pourquoi pas susciter des vocations. Né en 2015 en province Sud, le concept d’« AGE » (Aires de gestion éducative) est issu d’une volonté politique d’impliquer davantage de jeunes dans des projets éco-citoyens en proposant des actions leur permettant une meilleure appropriation des enjeux environnementaux. Une « aire de gestion éducative est une zone maritime littorale ou une zone terrestre gérée de manière participative par les élèves et les enseignants d’un établissement scolaire en partenariat avec les usagers, les associations, les organismes de recherche et les collectivités territoriales. En juillet 2015, 3 établissements se sont engagés dans la démarche pour deux ans (2016-2017) correspondants à la phase expérimentale du projet, dont le collège Jean-Mariotti, gestionnaire du platier Ricaudy.

Suzelle Wilson, agent de la direction de l’environnement, détaille l’initiative. « Nous avons mis en place trois projets pilotes sur Nouméa dans des établissements volontaires pour intervenir sur trois types de milieux : récifs, mangrove et foret sèche. Il s’agit du collège Jean-Mariotti, gestionnaire du platier Ricaudy, du collège de Kaméré pour la foret sèche du Cap Kaméré, et le lycée privé Saint-Pierre Chanel pour la mangrove de Boulari. » Les modalités de gestion sont les mêmes que celles d’une aire protégée, un plan d’action est déterminé sur deux ans. Par exemple, pour le platier Ricaudy, des élèves de 5e du collège Mariotti et les élèves de CM2 de l’école Eloi Franc.

Une soixantaine d’actions ont déjà été réalisées sur les trois AGE lors de cette première année d’expérimentation. Ces actions sont restituées par les élèves lors de la fête de la science. « L’initiative pourrait être étendue à d’autres établissements, conclut Nina Julié. Nous réfléchissons aussi à l’insertion de ce dispositif dans le code de l’Environnement. »