2017 La province Sud lance son Plan de prévention de la délinquance

La province Sud prend à bras le corps la lutte contre la délinquance, avec trois axes prioritaires : la prévention de la délinquance juvénile, les violences faites aux femmes et le renforcement de la lutte contre la vente illégale d’alcool. La collectivité présentait, ce matin, son Plan provincial de prévention de la délinquance 2017 – 2018, dont l’objectif est de structurer une politique publique, en associant au maximum tous les acteurs du secteur de la prévention.

A l’origine de ce plan prévu pour les années 2017-2018, un constat : celui de l’augmentation des faits de délinquance. Ce constat est assorti de marqueurs forts : plus de la moitié de ces faits impliquent des mineurs, la moitié de ces mineurs ont moins de 15 ans, et 80% des violences sont commises sur fonds d’alcool.

« Nous avons une situation qui est extrêmement préoccupante, constate Philippe Michel, président de la province Sud. La délinquance de proximité est en train d’exploser avec des personnes très jeunes. Le poids de l’alcool est aussi énorme, le taux d’ivresse publique manifeste par habitant est 50 fois plus important qu’en Métropole ! ».

Organisation et structuration

Des réalités que la province Sud a décidé de prendre à bras le corps en soumettant au vote de l’Assemblée , son Plan de prévention provincial de prévention de la délinquance (PPPD).

« La Province est déjà intervenue à plusieurs reprises, en créant des structures d’accueil pour mineurs délinquants, elle a modifié son code des débits de boissons pour durcir les amendes et les peines à l’encontre des vendeurs d’alcool illégaux, elle est intervenue pour solliciter l’augmentation des forces de police et de gendarmerie en Nouvelle-Calédonie, elle a aidé à la création de la brigade de prévention de la délinquance juvénile, explique Philippe Michel.  Mais aujourd’hui, on franchit un autre cap qui est celui de l’organisation et de la structuration des politiques publiques. On dépense beaucoup d’argent, les uns et les autres, pour financer une kyrielle de dispositifs de prévention de la délinquance, mais chacun le fait dans son coin, sans être coordonné avec les autres acteurs ».

Travaux d’intérêt général et lutte contre la vente illégale d’alcool

Le plan 2017-2018 se compose de trois priorités d’intervention : les actions à l’attention des jeunes exposés à la délinquance, l’aide aux victimes de violences et l’amélioration de la tranquillité publique. Philippe Michel, a annoncé son souhait de multiplier la capacité d’accueil de la province Sud en matière de travaux d’intérêt général (TIG).

« Depuis avril 2016, 156 personnes ont été concernées par le dispositif au Parc zoologique et forestier, au Parc provincial de la Rivière Bleue et aux boucles de Tina, on est capable d’en accueillir le double ou le triple, ce que nous allons faire. »

Autre annonce de poids : le renforcement de la lutte contre la vente illégale d’alcool, avec la possibilité prochaine de saisir et de détruire immédiatement, selon une procédure administrative, les stocks d’alcool des revendeurs illégaux.

Un Plan approuvé à l’unanimité

Ce PPPD a ainsi été approuvé lors de l’Assemblée de province, ce vendredi 22 septembre. « La délinquance détériore la qualité de vie en Nouvelle-Calédonie, rappelle Gaël Yanno. Chaque Calédonien doit donc s’interroger sur les phénomènes qui conduisent à la violence, c’est donc important de formaliser des champs d’actions. » Pour Pascale Doniguian, « ce plan pose des bases solides pour un travail concerté sur un vrai problème de société ».  « On peut se féliciter de la saisie de ce problème, commente Grégoire Bernut, de son côté. Nous approuvons ce plan qui va durer un an et nous participerons à la feuille de route du prochain plan ». Pour Aloisio Sako, « ce plan est un pas vers la recherche de solutions au problème de la délinquance ». Et Louis Mapou de préciser que « le sujet est important pour le vivre-ensemble » et qu’ « il ne faut pas oublier d’y inclure les coutumiers et représentants kanak ». « C’est une première pierre, précise Nina Julié. Car avant il n’y avait rien ! Bien sûr qu’il va falloir ajuster et adapter les actions, mais pour la première fois, nous avons un réel dispositif de lutte ».

La province Sud consacre plus de 500 millions de francs par an aux différentes actions de lutte contre la délinquance.