Des aires naturelles protégées par des élèves

Que les jeunes soient acteurs de la gestion de leur patrimoine environnemental et impliqués dans des projets éco-citoyens. De cette volonté est née, en 2015 à la province Sud, l’idée de créer des Aires de Gestion Éducative (AGE) : une zone maritime littorale ou une zone terrestre gérée par les élèves et les enseignants d’un établissement scolaire. La 12e réunion du comité national de l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR), qui se tient cette semaine, a été l’occasion de présenter ce dispositif pilote et innovant.

Impliquer des élèves autour d’un projet d’action citoyenne de protection et de gestion d’un milieu. C’est le principe des Aires de Gestion Éducative (AGE) ! Trois premiers établissements scolaires de la province Sud se sont engagés dans la démarche pour deux ans (2016-2017) correspondants à la phase expérimentale du dispositif porté par la direction de l’Environnement (DENV), en partenariat avec le Centre d’Initiation à l’Environnement (CIE) et l’appui des organismes de l’éducation, de la recherche et des associations environnementales du pays.

Une mission et un rôle de préservation

Trois établissements donc, pour trois espaces complètement différents : le collège Jean Mariotti est gestionnaire du platier Ricaudy, le collège de Kaméré se charge de la forêt sèche de Cap Kaméré et le lycée privé Saint-Pierre Chanel a choisi la mangrove de la butte Cornaille à Boulari. Et le projet est une réussite ! C’est pourquoi il a été présenté par la province Sud et deux collégiens de Mariotti devant le Comité national de l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR) réuni cette semaine à Nouméa et Bourail.

« La  réunion du comité national IFRECOR est un espace privilégié pour faire connaître ce dispositif éducatif, confie Nina Julié, élue provinciale et membre de la commission Environnement. D’autant plus que nous avons souhaité donner la parole à deux collégiens gestionnaires de l’AGE de Ricaudy ! »

Nina Julié, élue provinciale membre de la commission Environnement, a présenté, lundi 18 septembre, le dispositif AGE au comité national IFRECOR.

Né en 2015 en province Sud, le concept d’« AGE » (Aires de gestion éducative) est issu d’une volonté d’impliquer davantage de jeunes dans des projets éco-citoyens en proposant des actions leur permettant une meilleure appropriation des enjeux environnementaux.

« Nous avons des élèves, notamment à Kaméré, qui se sont raccrochés à l’école grâce à ce dispositif, explique la principale adjointe du collège Mariotti. Ils ont une vraie mission, beaucoup se sont trouvés une place et un rôle : celui de défendre un environnement ».

Lucas et Andréa, du collège de Mariotti, ont expliqué leurs actions pour préserver le platier Ricaudy.

Des actions concrètes

Opérations de nettoyage, de plantation, mais aussi observation de la faune et de la flore, identification des pressions et des dégradations, proposition d’actions de préservation… Les élèves et leurs enseignants, ainsi que les usagers et associations environnementale sont réunis en Comité de gestion :

« Ces AGE fonctionnent comme des aires protégées, même si pour le moment elles ne sont pas inscrites au Code de l’Environnement, commente Nina Julié. C’est très sérieux, ils établissent un cahier des charges avec des actions sur deux ans. »

Sensibilisation du public, installation de panneaux d’information, ramassage de déchets, mais aussi intervention dans des classes… En tout pas moins de 59 actions ont été réalisées sur les 3 AGE.

« Ce projet s’intègre plus largement dans un plan d’action global de la province Sud, avec les JDD notamment »

, explique Nina Julié, élue provinciale membre de la commission Environnement. Aujourd’hui, le dispositif, qui existe déjà en Polynésie française, est appelé à être diffusé aux autres établissements de la province Sud, afin de créer un véritable réseau d’Aires de Gestion Educatives. La baie du lycée Jules-Garnier pourrait bien ainsi être une des prochaines AGE.

Environnement, protéger et valoriser